Héritage · Argentine · depuis décembre 2023
La plus radicale des expériences libérales en cours : budget équilibré en 6 mois, inflation divisée par 12, 1 246 déréglementations en 18 mois. Le choc a été réel. Le rebond aussi. Le verdict final n'est pas encore rendu.
Quand Milei prête serment, le 10 décembre 2023, il hérite d'un pays au bord du gouffre. L'inflation annuelle dépasse 211 %. Le déficit public creuse 5 % du PIB. Les réserves nettes de la Banque centrale sont négatives (−11 Md de dollars). Le peso a perdu 50 % de sa valeur en un an. Quarante-cinq pourcents de la population vit sous le seuil de pauvreté.
Ce n'est pas une crise ordinaire. C'est le résultat de quatre décennies de populisme budgétaire : subventions massives à l'énergie, contrôles de prix généralisés, financement du déficit par la planche à billets. Chaque gouvernement qui a promis de changer les choses a empiré la situation. Milei est élu en promettant non pas des réformes incrémentales, mais la tronçonneuse.
En 2024, les dépenses publiques réelles chutent de 27 %. Onze ministères sont fusionnés ou supprimés. Cinquante-deux mille postes dans la fonction publique disparaissent. L'agence fiscale nationale (AFIP) est dissoute. Le résultat est sidérant : excédent primaire de 1,8 % du PIB en 2024 — le premier depuis 14 ans. Et pour la première fois depuis 2008, l'excédent est financier : la dette est servie.
La comparaison avec les programmes précédents est éloquente. L'Argentine a traversé 22 accords avec le FMI depuis 1958 — tous ont échoué parce qu'aucun gouvernement n'a tenu ses engagements de rigueur. Cette fois, Milei a d'abord rétabli l'équilibre, puis le FMI a accordé 20 milliards de dollars (avril 2025). C'est la première fois que l'ordre est celui-là.
La révolution réglementaire est aussi spectaculaire que la révolution budgétaire. En 18 mois, 1 246 déréglementations sont mises en œuvre (Cato Institute, 2025). Les contrôles de capitaux — en place depuis 2019 — sont levés en avril 2025. Le double taux de change, qui permettait à l'État d'accorder des rentes à des groupes politiquement connectés, converge pour la première fois depuis cinq ans.
Le régime RIGI (Incitation aux Grands Investissements) attire 31 milliards de dollars d'engagements dans le seul secteur minier. La production de Vaca Muerta — le gisement de schiste de Patagonie — dépasse 578 000 barils par jour, en hausse de 31 % en un an. La loi sur les loyers est abrogée : pour la première fois depuis des années, le marché locatif de Buenos Aires rouvert.
La transition est douloureuse. Au premier semestre 2024, la pauvreté monte à 52,9 % — le choc conjugué de la dévaluation du peso, de la libération des prix administrés et de la contraction budgétaire. Le PIB recule de 2 %. La construction s'effondre de 24 %. Les pensions, non pleinement indexées à l'inflation courante, perdent du pouvoir d'achat. Le coût humain est réel et il serait malhonnête de le nier.
La suite donne raison à ceux qui ont tenu : la pauvreté retombe à 31,8 % fin 2025 — sous le niveau pré-Milei. Le PIB rebondit à +4,4 % sur l'année 2025. Le secteur privé formel crée des emplois. L'inflation, sous 3 % par mois, cesse d'être un prélèvement quotidien sur les salaires et les épargnes des plus modestes.
Austérité brutale, appauvrissement des masses, dictée du FMI, illusion vouée à l'échec. Ce sont les quatre procès les plus courants intentés à Milei. Regardons les données.
Milei a prouvé l'improbable : un budget argentin en excédent, deux années de suite, en pleine démocratie. Il a brisé une inflation à 289 % que vingt gouvernements avant lui avaient entretenue. Le rebond — +4,4 % de croissance en 2025, pauvreté revenue sous les niveaux pré-Milei — est réel. Ce ne sont pas des projections : ce sont des chiffres publiés par l'INDEC et le FMI.
Ce qui reste à écrire est considérable. La dollarisation promise n'a pas eu lieu. Les réserves nettes demeurent négatives. Les privatisations et la réforme du travail n'ont pas encore abouti. Ce site défend les idées libérales : Milei les met en pratique avec une radicalité inédite, dans un pays démocratique, avec un mandat électoral clair. Pour la première fois depuis une génération, l'Argentine prouve qu'un autre chemin est possible. La suite s'écrira ici.